(travail en cours)

 

Avec Estelle & Bertrand, ostréiculteurs et Philippe & Christophe, pêcheurs

À Lège – Cap Ferret

 

« Nous nous sentons comme des îliens balayés par les vents », me dit-elle. Elle, Estelle, zigzague entre les tables. Ici, on troque les cuissardes aux chaussures de service, au gré des marées et de l’humeur des vents. Vivre avec le lieu sans chercher à le tordre, le transformer. Pas d’huîtres triploïdes, pas d’Organisme Vivant Modifié chez Estelle et Bertrand. Je les suis, sur l’eau, dans l’eau, sur terre, les regarde caresser et retourner les coquilles.

Quelques mètres plus loin, Philippe, renoue les mailles, comme chaque jour, avant le départ en mer de son fils Christophe. Lui-même n’a pas le droit de monter à bord – il est à la retraite. Les restrictions et règles maritimes sont tissées bien serrées. Nous partons dérouler les mètres, devant la dune lunaire. Nila – devenue chienne de mer – célèbre chaque remontée. Nous rentrons surtout avec des araignées, les maritimes, celles qui détissent la toile. Il faudra repriser le filet.

Instable rivage, dit-on.Les traits de côte sont flous.

Ici, on danse avec les bordures.